Le 28 novembre 2005
Nous
arrivons enfin en Pologne, un pays que nous espérions connaître depuis
longtemps. Dans le nord-est du pays, au
bord du parc national de Bialonieza, nous rencontrons une femme qui nous
invite chez elle. Notre surprise est grande quand nous voyons que sa
maison est située au plein coeur de la forêt, à 8 km de toute zone
habitée. C'est une forêt primitive, peuplée de grands arbres et dans
laquelle vivent des loups... La maison est habitée par la maman, Yoanna,
et les deux enfants, Ida et Dan. Nous apprenons par la suite que le papa
est un grand cinéaste polonais (Krystian Matysec). Yoanna fait du feu
dans la chambre. Cette nuit, nous dormons dans une maison! Une maison dans
les bois, sans électricité, où l'on vit presque en dehors du temps. Le
lendemain, les enfants jouent
ensemble. Nous partons à la découverte de la forêt et nous filmons.
L'étape suivante est en ville, à Lodz. Nous sommes attendus par Jagoda,
professeur de français, pour réaliser le projet jardinières avec ses
élèves. La roulotte et les chevaux sont placés dans un manège à
l'extérieur de la ville et nous sommes invités par Jagoda à séjourner
dans son appartement. Nous nous retrouvons dans un HLM, un immeuble au
milieu de quantité d'autres, tous pareils. Cela nous change mais c'est
intéressant de vivre aussi quelques temps en ville. Et puis Jagoda est
accueillante. Les enfants sont choyés. Nous avons aussi l'occasion de
rencontrer deux jeunes de 16 ans, Ania et Stanislas, qui nous étonnent
par leur maturité et leur personnalité. Stanislas aide Jean-Denis à
trouver des bois pour la construction des jardinières (un vrai parcours
du combattant dans cette ville!). Ania, qui parle aussi bien français
qu'anglais alors que sa langue maternelle est le polonais, réalise avec
une équipe de télévision locale un reportage sur le projet.
Durant toute une semaine, nous préparons puis réalisons les jardinières
avec les élèves, ainsi qu'un épisode pour la série. Les élèves
avaient aussi préparé une petite pièce de théâtre et des chansons en
français pour notre arrivée. Ces enfants ont pris part au projet de
rencontre avec une belle dose d'enthousiasme. Ils sont aussi venus voir
nos chevaux à l'extérieur de la ville, une expérience exceptionnelle
pour beaucoup d'entre eux. En effet, la plupart de ces enfants, qui ne
sont pas issus de la classe aisée, ne quittent jamais le centre ville.
Une des choses qui nous a frappés en Pologne, c'est le contraste entre le
développement effréné du capitalisme, l'abondance de luxe dans certains
lieux et la pauvreté, la précarité d'autre part. Nous quittons la
Pologne le 10 décembre avec le sentiment qu'il y aurait encore beaucoup
à découvrir
dans ce pays, beaucoup de réalités à appréhender mais l'hiver est là
et nous devons poursuivre la route en direction du sud. Nous ne voulons
pas être coincés par la neige.
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