Carnet de bord  

6. Le Pays basque

Le 31 août

Nous sommes arrivés au Pays basque, au pied des Pyrénées !

Un long voyage de rencontres européennes

Quitter le petit village ardennais de Clerheid, en famille, en roulotte, accompagnés d’animaux… pour partir pendant deux ans à la rencontre des enfants, des pédagogues… et des gens. Tel est le projet qui mobilise Pascale et Jean-Denis Lilot et leurs enfants. En chemin, ils s’arrêtent dans quelques écoles pour lancer le projet « jardinières »...

Le 1er septembre  

Enfin, voir la montagne ! Nous sommes arrêtés à un col, non loin d’Hélette. C’est une rentrée des classes un peu extraordinaire pour les enfants.

« En me réveillant, je regardais le paysage. J’ai remarqué que ce n’était pas le même environnement. Nous étions à la montagne ! Papa avait roulé la nuit pour la rentrée des classes. Le matin, nous avons pris le déjeuner puis nous sommes allés prendre l’âne, la chèvre et nos mallettes. Nous sommes partis dans la montagne. Nous avons travaillé et ensuite nous avons pique-niqué. Remplis de bonheur, nous avons descendu la colline. Nous sommes retourné à la roulotte et nous avons fait plein de jeux. Emeline »    

Le 2 septembre

Jean-Denis parcourt la région pour trouver une ferme qui pourrait nous accueillir avec les animaux et nous prêter ou nous louer une pâture car il doit se rendre en Belgique pendant 15 jours. En vain.

Le 3 septembre

Nous n’avons toujours pas trouvé de lieu. C’est la première fois que nous sommes confrontés à des refus. Nous décidons de descendre vers une vallée où l’accueil sera peut-être plus facile.

Le 4 septembre

A notre arrivée à Espelette, les événements se précipitent. Après avoir traversé la localité, nous nous engageons sur une route étroite et, dans un tournant, une roue s’enfonce dans un fossé. Heureusement, il n’y a pas de casse mais il faut deux tracteurs pour en ressortir la roulotte. Un de ces tracteurs vient d’un camping où il y  a une pâture qui pourrait recevoir nos chevaux.

Le 6 septembre

Après avoir passé deux nuits dans le bois de Lapitza, aire d’accueil pour « nomades et roulottiers » à Espelette, nous installons finalement la roulotte, ainsi que les animaux, au camping Biper Gorri. Nous y sommes très bien et ce sera parfait pour vivre deux semaines sans la présence de Jean-Denis.

Le 7 septembre

Jean-Denis prend le train en direction de la Belgique.

Le 15 septembre

La vie suit son cours rythmée par les activités scolaires, les soins aux animaux, les jeux…et les nouvelles amitiés. Nous avons fait la connaissance d’une famille basque qui vient de temps en temps nous dire bonjour.

Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de Charles. Ttélé, Saia, Arin, Oier, Ariane et Andou sont venus pour le fêter. Emeline et Anouchka ont organisé une chasse au trésor dans le bois. Charles est heureux !

Le 25 septembre

Jean-Denis est de retour ! C’est la fête ! Eric Blavier (le cinéaste) et Sam l’accompagnent. Durant 4 jours, ils filmeront notre vie de voyageurs pour le documentaire.

Le 26 septembre

Nous retournons nous installer dans le bois de Lapitza tout près de la rivière. C’est le lieu  de rendez-vous des enfants du voisinage. Nous fêtons l’anniversaire d’Emeline. Elle est entourée

de ses amis. On chante « joyeux anniversaire » en basque. Et suit un jeu des chèvres (cache-cache délivrance) endiablé avec tous les enfants du voisinage.

Le 27 septembre

Betty est emmenée au haras de Pau pour être ferrée. Le vétérinaire vient examiner les animaux pour les certificats de passage de frontière.

Le 28 septembre             

Nous quittons Espelette et partons en direction de la frontière espagnole. Eric et Sam filment la roulotte à travers les paysages du pays basque.

Le 29 septembre

Nous sommes arrêtés au bord de la route allant à Dancharia (frontière franco-espagnole), sur un grand parking au milieu de la magnifique forêt de Saint-Pée sur Nivelle. Nous pensons rester ici un jour ou deux, histoire de mettre de l’ordre dans nos affaires.

Le 30 septembre

Ici, comme ailleurs, la roulotte attire les regards. Des passants s’arrêtent. Nous allons vers eux. Il y a un mot magique qui permet de laisser tomber la gêne ou la timidité : c’est « bienvenue ! ». Il se passe alors parfois des échanges touchants. On sent que quelque chose se passe. Quand on parle de notre projet, cela réveille parfois des émotions ou une part de rêve enfouie. Et parfois, pour nous remercier ou nous encourager, des gens nous offrent de l’aide, des cadeaux ou des friandises, des provisions.

Une femme vient vers nous. Elle a les yeux mouillés quand elle nous raconte que petite, elle vivait avec ses grands-parents dans une roulotte semblable à la nôtre. Elle a une grande nostalgie de cette enfance faite de simplicité et de joie de vivre. Et en voyant Maïté prendre son bain dans une  bassine, elle s’émerveille et raconte : «  Ma grand-mère disait : ferme-les yeux petite, je me lave. Et moi, je n’aurais jamais osé les ouvrir, par respect. » Elle nous parle aussi de sa famille issue du monde du cirque. Et nos quatre enfants lui présentent un numéro de clown préparé en hâte derrière la roulotte. Leurs regards sont pétillants, leurs mimiques franches et drôles… Moment d’émotion. La dame, en nous quittant, leur a laissé une petite boîte contenant quelques euros pour s’acheter des bonbons. Pour nos enfants, c’est tout un trésor.

Le 1er octobre

Nous recevons l’autorisation de la mairie de prolonger notre séjour dans la forêt de Saint-Pée. Nous allons nous installer dans un endroit écarté de la grand route, au bord d’une petite rivière. Nous sommes entourés de chênes centenaires. Le lieu est splendide et très calme. Les animaux peuvent pâturer en liberté. Les enfants ont énormément de plaisir à jouer dans l’eau. L’arrière saison est chaude ici. Nous voulons profiter de la chance de séjourner dans un si bel endroit, pour travailler à l’écriture d’un dossier, urgent, pour le financement du documentaire.

Les 9-10 octobre

Ttélé et Saia, les deux petits amis basques des enfants, passent le W.E avec nous. L’atmosphère est ensoleillée et joyeuse.

Le 15 octobre

Enfin, nous arrivons au bout de la rédaction du synopsis. Il nous reste à emmener Espérance chez le maréchal ferrant (elle a déferré). Nous avons aussi un rendez-vous avec l’école de Bussunarits, pour le projet « jardinières », le 18 octobre. Ensuite, nous serons prêts à partir en Espagne, vers Saragosse.

Le 18 octobre

Rencontre avec les enfants de l’école de Bussunarits (près de Saint-Jean Pied de port) qui se lancent dans le projet « jardinières ».

Le 20 octobre

Les derniers jours dans la forêt de Saint-Pée ont été riches en nouvelles rencontres qui marqueront notre voyage.  René et Josette, un couple de retraités, se sont « coupés en quatre » pour nous aider et pour gâter les enfants. Bertholo Heguy (un graphiste) et sa famille nous ont offert la composition graphique d’un dépliant de présentation de notre projet et de bons produits de leur jardin.  

Nous partons aujourd’hui vers l’Espagne, avec un soupçon d’inquiétude car nos connaissances en espagnol sont très minces. Nous avons deux cols à franchir. La roulotte sera tirée par le camion car les chevaux ne sont pas en mesure de grimper de tels dénivelés.

 

Les épisodes précédents....        ....La suite en Espagne

 Pour nous encourager

École de Clerheid asbl - 13, rue des clairetchamps  6997- Érezée - tél.: 086 / 47 73 93 - fax: 086 / 47 77 13 - Banque Triodos: 523-0801828-04 -
personne de contact: Maryline Audrit -
ecoledeclerheid@belgacom.net