12. Estonie, Lettonie, Lituanie

 

Carnet de bord : Un long voyage de rencontres européennes

Quitter le petit village ardennais de Clerheid, en famille, en roulotte, accompagnés d’animaux… pour partir pendant deux ans à la rencontre des enfants, des pédagogues… et des gens. Tel est le projet qui mobilise Pascale et Jean-Denis Lilot et leurs enfants. En chemin, ils s’arrêtent dans quelques écoles pour lancer le projet « jardinières »...


Le 12 novembre, nous prenons le bateau en direction de l'Estonie. Avec un soupçon d'inquiétude, car pour la première fois depuis le début du voyage, nous allons débarquer dans un pays peu connu, issu de l'ancien bloc soviétique. Alors qu'au départ nous n'avions aucun contact dans ce pays, nous avons finalement, par l'intermédiaire
d'Eva, trouvé une enseignante qui était intéressée de nous rencontrer. C'est Ulle  qui nous accueille, une femme chaleureuse et généreuse. Nos inquiétudes s'estompent. Dans sa petite maison en bois, un repas nous attend. A l'entendre raconter son pays, nous comprenons que l'histoire n' a pas épargné ce peuple, que les gens, dans les campagnes en tout cas, ont gardé l'habitude de faire "beaucoup avec peu" et que, même si le pays est libre à présent, il y a toujours de la pauvreté. Nous sommes invités dans l'école d'Ulle. Il y règne une ambiance joyeuse et sereine. Ulle enseigne aux enfants de première primaire. Nous réalisons un petit film avec sa classe. En Estonie, nous nous rendons dans trois autres écoles. C'est chaque fois un accueil chaleureux et pour les petits estoniens, une franche découverte que de connaître les péripéties de notre famille! Nos animaux ont beaucoup de succès dans les cours de récréations. Nous sommes impressionnés par la qualité du matériel pédagogique, par les chansons, la décoration. Cela contraste avec la grisaille que l'on trouve le plus souvent à l'extérieur. Il est vrai que de l'ère
soviétique restent des fermes à l'abandon, des immeubles en forme de blocs gris. Mais il y a aussi des petites maisons traditionnelles en bois qui s'intègrent avec le paysage. Beaucoup de contrastes et au milieu de tout cela une générosité qui nous touche. Des gens viennent à la roulotte, nous apportent  des pommes, des confitures, des
friandises, du foin... Avant de quitter le pays, nous longeons la côte et nous passons la nuit juste au bord de la mer, dans une forêt de pin. Il y a du vent, un clair de lune. C'est beau.

L'arrivée en Lettonie  est mémorable. 

Nous nous trompons de route et nous nous retrouvons en pleine forêt sur un chemin de terre sans pouvoir faire demi tour (avec un convoi de 17 m de long, ce n'est pas facile!). Il y a de la neige et la nuit est déjà tombée. Nous sommes
vraiment inquiets. Nous nous retrouvons près d'un cabanon éclairé. Nous allons voir si quelqu'un peut nous aider. A l'intérieur, il y a un homme barbu, un peu éméché par l'alcool, mais pas trop heureusement. Il a le regard doux. Son habitation est  rudimentaire: une petite pièce pour vivre, un tonneau comme réserve d'eau, un atelier. Il comprend bien notre situation et nous dirige vers un endroit où on peut tourner. Nous sommes sauvés! Nous voulons le remercier en lui donnant deux billets. Il en garde un, nous rend l'autre et nous offre des pommes. L'aventure continue car nous ne savons pas encore où nous allons. Nous avons juste le numéro de téléphone, qui nous a été remis en Estonie, d'une certaine Eleonora. Nous l'appelons et elle trouve une famille, dont les parents parlent
anglais, qui peut nous accueillir avec la roulotte et les animaux. Nous sommes soulagés. Nous allons vivre un moment de trêve et de joie pendant trois jours, tant cette famille est accueillante. Nous pouvons prendre des douches et lessiver le linge chez eux. Elita, la maman, nous invite chaque jour à partager un repas.  Arta, 11 ans, et Amanda, 3 ans deviennent vite les amies de nos enfants. Nous réalisons un petit film sur Arta, qui nous présente son école et la
ferme de son papa. Les voisins, Yeva et Aivars,tous deux musiciens, nous invitent  à découvrir leurs instruments. Ils chantent et jouent du kantele, de la mandoline, de la guitare. Ils acceptent aussi d'être filmés pour "les lettres de la roulotte". Quand nous partons, les deux familles nous offrent des cadeaux. Cela nous touche car nous apprécions leur amitié mais aussi parce que nous voyons là un signe d'encouragement et de bénédiction pour notre projet. Et quelques fois, nous avons bien besoin de ces signes.

En Lituanie, nous filmons  dans une ferme deux enfants, Adomas et Yoris, deux frères attachants et l'école du village.

Les épisodes précédents....

 Pour nous encourager

École de Clerheid asbl - 13, rue des clairetchamps  6997- Érezée - tél.: 086 / 47 73 93 - fax: 086 / 47 77 13 - Banque Triodos: 523-0801828-04 - personne de contact: Maryline Audrit - ecoledeclerheid@belgacom.net